BLOG DE L'ASSOCIATION CHENILLES=DANGERS?

Article paru dans le Parisien le 30 mars 2012

Ils redoutent le retour des chenilles urticantes

Beaucoup de communes seine-et-marnaises ont été envahies par des chenilles processionnaires au printemps dernier. Avec le retour du beau temps, les habitants craignent une nouvelle invasion.

 

   Son chien est devenu aveugle, son mari a eu le corps couvert de boutons rouges et son fils de 14 ans a été pris de violentes crises d’asthme. Avec l’arrivée des beaux jours, Valdine Tirabi, une habitante de Fontenailles, craint de revivre l’enfer qu’elle a connu l’an dernier. Comme de nombreux pavillons de ce petit village d’un millier d’âmes, situé à l’ouest de Nangis, sa maison a été littéralement envahie par des chenilles processionnaires, des insectes dont les poils volatils sont particulièrement urticants et peuvent même être mortels pour les animaux.
   « La nuit, nous entendions comme un bruit de pluie. C’était en fait les chenilles qui dévoraient les feuilles des arbres », raconte-t-elle, encore horrifiée. « C’était digne d’un film d’Hitchcock », confirme Ghislaine Harscoet, la directrice de l’école primaire. Cette enseignante habite depuis plus de trente ans à Fontenailles. Elle n’avait « jamais vu cela avant ». « Le toit de mon abri de jardin était tapissé de chenilles », dit-elle en frissonnant. Dans le bulletin municipal, on peut voir des photos de sa cabane, comme couverte d’un linceul de soie.


   Les écoliers se sont plaints de démangeaisons

   « Les gens ne pouvaient plus manger dehors, étendre le linge ou même ouvrir leurs fenêtres pour aérer. Et pour tondre, il fallait mettre une combinaison avec une double paire de chaussettes parce que ces petits poils passent partout », indique Martine Prunier, une retraitée qui a pris la tête d’une association réclamant aux pouvoirs publics des mesures. A l’école du village, les enfants ont eux aussi commencé à se plaindre de démangeaisons. « Au départ, nous avons cru qu’il s’agissait d’une épidémie de varicelle », se souvient la directrice.
   La mairie n’a pris que petit à petit la mesure du problème. « Lorsque nous avons commencé à traiter, il était malheureusement déjà trop tard », regrette Martine Dejeu, le maire sans étiquette de Fontenailles. Les familles les plus touchées, celles situées en lisière de la forêt de Villefermoy, ont tout essayé pour se débarrasser de ces insectes. Valdine Tirabi est allée jusqu’à faire couper les sept chênes qu’elle avait dans son jardin. Elle n’a laissé que le charme pensant que les chenilles ne s’y attaqueraient pas.
   Mais mercredi, mauvaise surprise : son mari a découvert un nid. Il l’a immédiatement brûlé. La municipalité, qui a rejoint le collectif d’élus emmené par Yannick Guillo, le maire PRG du village voisin, Saint-Ouen-en-Brie, espère qu’une solution coordonnée sera trouvée à l’échelle du département. Et vite.
   « A partir de fin avril, les chenilles vont devenir urticantes », rappelle Martine Dejeu.

 

Fontenailles, mercredi. Valdine Tirabi, une habitante de Fontenailles, montre une photo de la jambe de son mari couverte de boutons rouges provoqués par les chenilles processionnaires.



13/04/2012
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